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— Maisons de Santé Pluriprofessionnelles —

Conformité RGPD d'une MSP :
ce que la loi impose

Les MSP réunissent des professionnels aux statuts variés qui partagent des données de santé et des outils numériques. La première question à trancher est juridique : qui est responsable de traitement ? Ce guide recense les obligations concrètes qui s'appliquent à votre structure.

Données de santé Multi-professionnels Responsabilité de traitement Outils numériques partagés

La première question : qui est responsable de traitement ?

C'est la question fondamentale à trancher avant toute mise en conformité d'une MSP. La réponse n'est pas toujours évidente, car plusieurs acteurs coexistent avec des statuts différents — et la réponse détermine qui doit tenir le registre, qui répond des violations de données et qui doit informer les patients.

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Responsabilité de traitement — MSP

Deux niveaux de responsabilité à distinguer

Dans une MSP, la responsabilité de traitement se répartit selon la nature du traitement. Il est essentiel de cartographier et de documenter cette répartition pour chaque type d'activité.

Chaque professionnel individuellement

Responsable de traitement pour sa propre activité de soins : le médecin pour ses consultations, l'infirmier pour ses actes, le kiné pour ses séances. Chacun tient son propre registre pour cette partie.

La MSP en tant que structure (SISA / association)

Responsable de traitement pour les traitements communs : gestion des outils partagés, coordination pluriprofessionnelle, protocoles, DPI commun, gestion administrative et RH.

Cette répartition doit être documentée et formalisée — idéalement dans une charte ou un règlement intérieur RGPD de la MSP — pour que chaque professionnel sache exactement de quoi il est responsable.

Le registre des activités de traitement

La MSP en tant que structure doit tenir un registre pour tous les traitements qu'elle pilote collectivement. Ce registre couvre les activités communes — outils partagés, coordination, protocoles pluriprofessionnels — indépendamment du registre individuel que chaque professionnel doit tenir pour sa propre activité de soins.

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Registre de traitement — MSP

Les traitements communs à documenter

Le registre de la structure MSP couvre l'ensemble des traitements mutualisés, indépendamment des registres individuels de chaque professionnel.

  • Dossier patient partagé (DPI commun) entre professionnels
  • Protocoles pluriprofessionnels (ASALEE, protocoles locaux, IPA)
  • Coordination de parcours de soins et orientation des patients
  • Messagerie sécurisée et outils de coordination partagés
  • Gestion des remplaçants et des intervenants temporaires
  • Gestion administrative (comptabilité SISA, ressources humaines)
  • Communication et site internet de la MSP
Obligatoire — Article 30 du RGPD
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Information des personnes

Informer les patients sur les traitements communs

En plus de l'information individuelle que chaque professionnel doit délivrer, la MSP doit informer les patients sur les traitements collectifs : partage des données entre professionnels de la maison, outils numériques communs, politique de confidentialité du site.

  • Affiche d'information en salle d'attente sur le partage des données au sein de la MSP
  • Notice d'information remise lors de l'inscription dans le DPI commun
  • Politique de confidentialité du site internet
  • Procédure de gestion des droits des patients (accès, rectification, suppression)
Obligatoire — Articles 13 et 14 du RGPD

L'AIPD : requise pour les traitements partagés à risque élevé

Dès qu'un traitement présente un risque élevé pour les droits et libertés des personnes, une AIPD est obligatoire avant sa mise en œuvre. Dans une MSP, plusieurs traitements communs remplissent les critères déclencheurs — notamment le partage de données de santé entre plusieurs professionnels via un DPI commun.

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Traitements à risque élevé — MSP

Les activités qui déclenchent l'obligation d'AIPD

Dans une MSP, c'est principalement le partage des données de santé entre plusieurs professionnels de disciplines différentes qui déclenche l'obligation — croisement de données sensibles, accès élargi, traitements impliquant des personnes vulnérables.

DPI partagé entre professionnels Partage d'un dossier patient entre médecins, infirmiers, kinésithérapeutes — accès multi-intervenants à des données de santé sensibles.
Protocoles ASALEE / IPA Délégation de tâches impliquant le partage de données cliniques entre médecin et infirmière — suivi de patients en ALD.
Accès des remplaçants Accès temporaire d'un remplaçant à l'ensemble du DPI — risque d'accès élargi non maîtrisé à des données de patients non suivis.
Suivi de patients en ALD ou vulnérables Coordination pluriprofessionnelle pour des patients atteints de pathologies chroniques ou en situation de vulnérabilité.

Gérer les accès selon les statuts des intervenants

C'est l'un des chantiers les plus complexes d'une MSP : les professionnels n'ont pas tous le même périmètre d'accès légitime aux données. Médecin titulaire, remplaçant ponctuel, infirmière ASALEE, secrétaire, stagiaire — chaque statut doit correspondre à des droits d'accès précis et documentés.

Droits d'accès par profil d'intervenant

Une matrice d'habilitations adaptée à la réalité de la MSP

La politique d'habilitation doit couvrir tous les profils présents dans la MSP et définir précisément ce à quoi chacun peut accéder — et ce à quoi il ne peut pas accéder.

Médecin titulaire
  • Accès complet à ses propres patients
  • Accès partagé aux données de coordination
  • Accès aux protocoles pluriprofessionnels
Remplaçant
  • Accès limité aux patients du médecin remplacé
  • Accès temporaire, révoqué à la fin du remplacement
  • Traçabilité des accès obligatoire
Infirmier(e) / ASALEE
  • Accès aux patients suivis dans le protocole
  • Périmètre de données limité à la mission
  • Pas d'accès aux dossiers hors protocole
Kinésithérapeute / autres PS
  • Accès à ses propres actes et bilans
  • Accès aux éléments partagés du DPI si pertinent pour la coordination
Secrétaire / accueil
  • Accès administratif uniquement (agenda, identité)
  • Aucun accès aux données médicales
  • Charte informatique obligatoire
Stagiaire / étudiant
  • Accès sous supervision du professionnel référent
  • Pas d'accès autonome au DPI commun
  • Cadre formalisé dans la convention de stage
Le principe du moindre privilège s'applique : chaque intervenant n'accède qu'aux données strictement nécessaires à sa mission — Article 5 du RGPD

Sécuriser les outils numériques partagés

Les MSP utilisent souvent plusieurs logiciels métiers différents — les professionnels conservant parfois leur propre logiciel de cabinet — en plus des outils communs. Cette pluralité d'outils est un risque RGPD majeur si elle n'est pas cartographiée et encadrée.

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Outils HDS & logiciels métiers

Des outils certifiés pour les données de santé

Tout logiciel ou hébergeur qui stocke des données de santé doit être certifié Hébergeur de Données de Santé (HDS). Cela vaut pour le DPI commun, mais aussi pour les logiciels individuels de chaque professionnel dès lors qu'ils accèdent à des données partagées.

  • Vérification de la certification HDS du DPI commun
  • Inventaire de tous les logiciels utilisés par les professionnels
  • Messagerie sécurisée pour les échanges cliniques entre professionnels
  • Interdiction des échanges de données patients par messagerie non sécurisée (email, SMS)
  • Documentation de l'architecture technique et des flux de données
Obligatoire — Article L. 1111-8 du Code de la santé publique
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Sous-traitants

Contrats avec les prestataires qui accèdent aux données

Chaque prestataire qui traite des données pour le compte de la MSP — éditeur du DPI, hébergeur, prestataire informatique de maintenance — doit faire l'objet d'un contrat de sous-traitance formalisé.

  • Contrat de sous-traitance avec l'éditeur du DPI commun
  • Contrats avec les hébergeurs (vérification certification HDS)
  • Contrats avec les prestataires de maintenance informatique
  • Vérification des clauses RGPD dans les contrats existants
Obligatoire — Article 28 du RGPD
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Sensibilisation

Former tous les intervenants à leurs obligations

Chaque professionnel qui intervient dans la MSP — y compris les remplaçants et les stagiaires — doit être informé des règles applicables à la protection des données dans la structure.

  • Sensibilisation initiale à l'intégration dans la MSP
  • Charte informatique signée par chaque intervenant (y compris remplaçants)
  • Procédure de réaction en cas de violation de données ou d'incident
  • Règles spécifiques sur l'utilisation de la messagerie sécurisée

La désignation d'un DPO auprès de la CNIL

Pour une MSP, la désignation formelle d'un DPO n'est pas systématiquement obligatoire au sens strict du RGPD. Elle devient cependant fortement recommandée — voire obligatoire — dès que la MSP met en œuvre des traitements à grande échelle de données de santé, notamment via un DPI commun couvrant un volume important de patients.

Quand la désignation d'un DPO est obligatoire ou recommandée

Le RGPD impose la désignation d'un DPO dans trois cas. Pour les MSP, l'obligation peut découler du volume de traitements réalisés ou du statut juridique de la structure. Dans tous les cas, un DPO externalisé apporte une sécurité juridique précieuse.

Traitement à grande échelle de données sensibles — si la MSP gère un DPI commun couvrant un volume significatif de patients et impliquant plusieurs professionnels de santé, le critère de « grande échelle » peut être atteint.
Surveillance systématique à grande échelle — les protocoles de suivi régulier et systématique (ASALEE, IPA, suivi ALD) peuvent constituer une surveillance systématique de patients au sens du RGPD.
Structure à caractère public — si la MSP est liée à un établissement public de santé ou constituée sous une forme publique, la désignation d'un DPO est obligatoire quelle que soit l'ampleur des traitements.
Même sans obligation légale stricte, un DPO externalisé permet de gérer la complexité spécifique des MSP : répartition de la responsabilité entre les professionnels, gestion des remplaçants, interopérabilité des outils. C'est aussi un interlocuteur identifié en cas de contrôle CNIL ou de violation de données.

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Le Pack de conformité RGPD est conçu pour accompagner les MSP de A à Z : clarification de la responsabilité de traitement, registre, documents obligatoires, politique d'habilitations, sécurité des outils et plan d'action priorisé.